Si les Objets d’Art pouvaient parler, mon obsession.

Qui n’a jamais rêvé qu’un jour la Joconde, la Victoire de Samothrace ou un objet de famille ne l’interpelle et ne lui dévoile dans un murmure ses secrets, comme le ferait un ami de longue date ?

Leurs destinées nous intriguent et nous fascinent, les objets détiennent ce pouvoir fascinant d’enfermer le temps en leur sein.

De longue date en effet… ces œuvres entourent notre quotidien, au gré de nos visites muséales, de nos city-trips, en nos intérieurs, elles traversent les années, les siècles et des millénaires pour certaines. Leurs destinées nous intriguent et nous fascinent, les objets détiennent ce pouvoir fascinant d’enfermer le temps en leur sein.

Que dire, que penser de tout ce que ces œuvres ont dû vivre, subir et entendre, de la violence d’une révolution au moment plus délicat et intime du cadeau offert.

Le destin de certains objets d’art fut d’accompagner les morts dans leur dernière demeure, pour certains d’être façonnés à l’image des dieux et déesses pour être honorés, adorés et priés. D’autres furent inventés pour faciliter notre quotidien (“comme c’est commode !” s’écria Louis XIV en voyant la toute dernière création d’André-Charles Boulle), embellir un intérieur, rehausser de tous feux et éclats la beauté des femmes, susciter la convoitise avec ses drames et tragédies que l’on
connaît.

Les objets témoins d’une époque sont nos humbles gardiens du temps qui passe.

Les clefs de cette transmission nous sont offertes par l’étude de l’Histoire de l’Art avec un grand H et un grand A. Grâce aux recherches de celle-ci, nous abordons les concepts et dimensions de la création artistique de l’homme et de la femme ; une quête sans fin, jalonnée de surprises. Nous continuons d’apprendre inlassablement grâce aux nouvelles découvertes et avancées scientifiques.

Les objets d’art, si généreux dans leur beauté attractive et vénéneuse pour certains, le sont moins dans le partage de leur passé : ils ne parlent pas !

La compréhension de leur histoire peut être la quête de toute une vie et qu’est-ce qu’une vie si l’on se réfère à la conception élastique du temps de ces objets ? Ils ont le temps eux, ils le défient même ! Certains resteront classés encore longtemps dans les Cold cases.

L’homme et la femme créent des œuvres, des objets puis ils disparaissent. L’objet d’art, unique et intemporel, reste et vit sa vie d’objet : créé, façonné, donné, utilisé, collectionné, abandonné, troqué, usé, cassé, réparé, rafistolé, restauré, relégué, truqué, falsifié, transformé, copié, adulé, convoité, aimé, détesté, déboulonné, jeté, donné, caché, pillé, volé, retrouvé, récupéré, réhabilité, restitué, hérité, adjugé, conservé…

Une passeuse de passion

Ma passion pour les objets d’art me vient d’aussi loin que mes souvenirs remontent. Je voyageais beaucoup avec mes parents et déménageais tous les trois quatre ans à travers les continents. Les objets nous suivaient dans nos transhumances, ils apportaient le réconfort du foyer reconstitué et en accueillaient d’autres venus les compléter en un joyeux mélange culturel. Ces objets au pouvoir réconfortant m’ont décidé à en faire mon métier et j’ai étudier leurs histoires, leurs provenances.

Je suis une passeuse de passions, je me sens comme missionnée, j’ai un respect sans borne pour la création humaine, je me dois de lui rendre hommage, de la protéger et de la respecter.

Cette délicate transmission nécessite un travail de recherche et de préparation. À l’instar d’une enquête policière, tout objet conserve son mystère, il faut le percer et pour bien le transmettre, il faut en trouver les secrets. J’ai vendu bon nombre d’objets tout au long de ma carrière avec des histoires assez rocambolesque je dois dire.

Je vais tenter de vous raconter leurs histoires et péripéties à travers cette Académie car, vous l’aurez compris, faire parler les objets est mon obsession. Leurs histoires seront les plus belles à vous raconter puisque, invités intimes de plusieurs vies, ils se sont chargés d’un vécu séculaire.